SCHUMANN // Fantaisie & Kreisleriana

Jean-Philippe Collard,

Frisson et passion.

 

Long cri d’amour de Robert Schumann à sa fiancée Clara, la fébrile et romantique Fantaisie en ut majeur op. 17  fait écho, sous les doigts du pianiste Jean-Philippe Collard, à l’étrangeté fantomatique des Kreisleriana op. 16, chef-d’œuvre soulevé par un élan irrésistible.

12,00 

Livraison estimée le 26/09/2021

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Description

Le piano représente pour Robert Schumann l’alpha et l’oméga d’un monde intérieur agité par des tempêtes psychologiques qui conduisent au bord de la rupture. Fou de passion pour sa fiancée Clara dont il est séparé, son inspiration débordante élève la Fantaisie en ut majeur op. 17 sur des sommets haletants. L’univers fantomatique de la figure du musicien Kreisler, imaginé par l’écrivain romantique Ernest Theodor Amadeus Hoffmann, hante l’esprit d’un compositeur bipolaire sans cesse en proie à ses démons. « Musique bizarre, musique folle », les Kreisleriana op. 16 de la même époque concentrent en huit pièces cyclothymiques la veine cauchemardesque des gouffres amers et les visions poétiques d’un paysage fantasmé. Jean-Philippe Collard, soulevé par un élan irrésistible, se fait l’écho de l’âme schumanienne. Par son inventivité et son humanité à fleur de peau, il ouvre des horizons infinis dont on ne sort pas indemne.

Fantaisie en ut majeur op. 17

 

  • Durchaus phantastich und leidenschaftlich vorzutragen; Im Legenden-Ton 12’55
  • Mäßig. Durchaus energisch 7’37
  • Langsam getragen. Durchweg leise zu halten 10’29

 

Kreisleriana, Op. 16

 

  • Äußerst bewegt 2’34
  • Sehr innig und nicht zu rasch 8’30
  • Sehr aufgeregt 4’39
  • Sehr langsam 3’47
  • Sehr lebhaft 3’07
  • Sehr langsam 3’57
  • Sehr rasch 2’13
  • Schnell und spielend 3’48

 

« ÉLOGE DE LA TENDRESSE » - Easyclassic

Ce que la maison Hermès est à la maroquinerie, le label Dolce Volta l’est à la musique classique.
Par le soin extrême accordé à leur présentation, les albums de cet éditeur sont des cadeaux idéals pour tout mélomane amateur de grand piano romantique ou amené à le devenir. .
La vue désormais satisfaite, que nous dit notre ouïe ? Que la prise de son, d’une parfaite clarté, au relief précis et à la définition naturelle nous aura ravi. Nul doute que notre musicien aura donné son propre « la » afin que la restitution sonore soit au diapason de son identité musicale, celle d’un jeu expressif, animé, d’une élégante simplicité. .
Robert Schumann est donc ici interprété par Jean-Philippe Collard, maestro en Europe, mais aussi ambassadeur des charmes de nos musiques françaises en Asie et en Amérique. Il est vraisemblable que du haut de leurs nuages, Fauré, Ravel ou Saint-Saëns lui sont reconnaissants d’assurer leur immortalité. .
La volonté de Jean-Philippe Collard d’enregistrer la Fantaisie op.17 et les Kreisleriana de Schumann, partitions majeures du romantisme allemand du 19 éme siècle est, à l’examen de sa vaste discographie, tardive. Notre musicien avoue avoir laissé longuement ces œuvres décanter en lui jusqu’au moment où il trouva sens et intime inspiration pour passer en studio. .
Gravés à profusion, ces œuvres exigent une absolue maîtrise polyphonique, un sens narratif spontané et une parfaite connaissance de l’univers littéraire et poétique de Schumann. .
Vaste débat autour de cette interrogation : la connaissance de la psychologie (ou plus simplement du fond de caractère) des compositeurs est-elle une exigence pour les interprètes ? .
Si certains pianistes, et non des moindres, jugent cette voie superflue, il semble ici tout à fait déraisonnable de ne pas appréhender l’homme Schumann, depuis ses années d’innocence jusqu’à celles de sa démence. Aucun compositeur n’abandonna autant son âme à son piano, surtout après une carrière d’instrumentiste avortée*.
Schumann est un sujet particulièrement énigmatique, un être à mille facettes et, de ce fait légitime des esthétiques des plus variées. Tant et tant d’ interprètes ont eu maille à partir avec les turbulences de son inspiration qui, de la manière la plus fantasque, se manifestent sans crier gare .
Jean-Philippe Collard se tient à distance des hantises et des démons exacerbés d’un Schumann, consumé par sa passion pour Clara et qui, dès avant la trentaine, présente des signes de ce qui se nomme de nos jours” trouble bipolaire”. .
« Si on ne garde pas les pieds sur terre, on risque d’être entrainé sur des chemins sans retour » nous dit notre musicien. .
Là où Pollini bride son imaginaire, retient ses effusions, là où Horowitz et Sofronitsky, au lance-flamme jouent l’incandescence, Jean-Philippe Collard souligne les effets contraction-dilatation, distingue les contrastes, offre aux passages mélancoliques le temps de se déployer. Les alternances entre les n° impairs « hallucinés » (sauf 8) et ceux pairs, dépressifs,distendus des Kreisleriana sont rendus par Jean-Philippe Collard sans conception envahissante, ni quelconque prosélytisme.
Quant au grand mouvement lent de la Fantaisie, il atteint l’intensité émotionnelle des op.109 et 110 de Beethoven.
« Fièvre, emportement, mais surtout une immense tendresse » avoue t’il.

A cette version qui montre et ne démontre pas, osons prêter à Jean-Philippe Collard, ce propos : « Je ne joue pas pour qu’on se plie à mon jeu, je joue pour que chacun s’avère à soi. »

« UN JEU SUBTIL » - On-Topaudio

Composée en 1836, la Fantaisie en ut majeur, op.17 de Schumann est contemporaine de sa Sonate No3 pour piano op.14. Schumann en poète visionnaire y déploie un lyrisme ardent et généreux, puisant souvent son inspiration dans des sources littéraires, à l’instar des Märchenbilder pour alto et piano op.113 ou les Fantasiestücke pour clarinette et piano op.73.

Les Kreisleriana, 8 fantaisies op.16 seront composées deux ans plus tard en 1838, précédant ainsi son célèbre cycle de lieder Dichterliebe op.43 qu’il composera en 1840. Schumann dans ces Kreisleriana qui se composent de huit parties va également centrer son inspiration sur la littérature allemande en particulier sur l’écrivain Jean Paul dont il devient un fervent admirateur. Ces Kreisleriana sont très caractéristiques du style emporté et agité de Schumann, passant constamment de la fureur à d’immenses rêveries où le compositeur choisit en quelque sorte de mettre provisoirement en suspens ses révoltes et sa fougue. La dernière pièce qui termine ces Kreisleriana « Schnell und spielend » est d’un caractère fantasque, où Schumann nous livre ses images sonores les plus secrètes, issues de ses rêveries romantiques les plus débridées.
Jean-Philippe Collard qui interprète ici au piano ces deux pièces majeures du répertoire schumannien possède tous les atouts qui le qualifient pour aborder ces territoires romantiques. Car Jean-Philippe Collard a eu la chance d’être remarqué par un très grand interprète de Schumann : Vladmir Horowitz qui s’est montré très impressionné par l’enregistrement des Barcarolles de Fauré effectué par Jean-Philippe Collard. Il pourra de cette façon bénéficier de l’appui du grand pianiste et ainsi développer son talent dans toutes les salles de concert de la planète. Son interprétation de la Fantaisie op.17 et des Kreisleriana op.16 séduit à la fois par la puissance de son jeu subtil et son approche poétique et intériorisée des multiples facettes fantasques et pleines d’imagination, propres au génie schumannien. Jean-Philippe Collard a bien sûr été précédé dans les Kresleriana op.16 et la Fantaisie op.17 par Vladimir Horowitz, Martha Argerich, Walter Gieseking, Maurizio Pollini ou Sviatoslav Richter mais cela ne diminue en rien sa prestation présente effectuée dans l’univers schumannien.

« COLLARD EN PLEINE LUMIÈRE » - Figaroscope

Intériorité et poésie caractérisent les deux opus incontournables que sont la Fantaisie opus 17 et les Kreisleriana de Schumann, sous les doigts du pianiste français Jean-Philippe Collard. Composées à deux ans d’intervalle, ces deux déclarations d’amour obsessionnelles à Clara, à la frontière de l’exaltation et de la névrose, sont un défi permanent pour un interprète obligé de se maintenir constamment sur le fil. Collard est de ces funambules ayant parfaitement saisi le devoir d’équilibre qui est de quiconque s’aventure dans l’imaginaire foisonnant et instable du compositeur romantique.

Dans la version discographique de référence qu’il vient de livrer chez La Dolce Volta, il y apporte une clarté salutaire.

Tout comme dans les Chopin gravés il y a quelques années, dont la Marche funèbre, les Kreisleriana étant dédiés à Chopin. Une lumière typique de l’esprit français et de l’héritage d’une école d’interprétation qu’il porte en lui sans la revendiquer.

Une filiation qui remonte à Cortot et dont il s’est récemment fait le porte parole en créant, au sein de l’institution fondée par son illustre prédécesseur (l’École normale de musique), une Académie de musique française pour piano.

« SCHUMANN ILLUMINÉ » - La Terrasse

Cri d’amour sublime composé à l’âge de 26 ans, la Fantaisie pour piano opus 17 de Schumann est une partition magistrale qui impose à son interprète une épreuve pianistique et une implication émotionnelle intense, une sorte de mise à nu, sans lesquelles l’œuvre ne fonctionne pas. Personnalité centrale de la scène pianistique depuis 40 ans, Jean-Philippe Collard vient de graver de ce chef-d’œuvre une version qui fera date : passionnée, lumineuse, frémissante, et d’une rare sincérité. De très belles Kreisleriana, autre visage de la démesure schumannienne, complètent le programme.

« SCHUMANN, LUI-MÊME » - Musikzen

On attendait Jean-Philippe Collard depuis de nombreuses années dans ces deux œuvres majeures de Schumann, que sont la Fantaisie en ut majeur op. 17 et les Kreisleriana op. 16. Majeures parce qu’elles sont, au-delà de la musique, des plongées dans l’intimité d’un artiste en proie à la passion – son amour pour Clara. Toutes deux alternent des moments de fougue et d’autres d’hypnose. Et il est rare qu’une interprétation ne penche un peu trop d’un côté, ou de l’autre, ou que la personnalité de l’interprète ne vienne à brouiller, un tant soit peu, l’univers psychologique tout en bipolarité, résolument complexe, que Schumann trace, en quelques notes : la coexistence du simple et du complexe forme ici une équation redoutable. Il faut donc beaucoup de renoncement à soi-même pour jouer ces pièces, et c’est ce que parvient à faire Jean-Philippe Collard, en s’efforçant à ne rien laisser paraître de lui-même, à rendre à chaque pièce l’atmosphère qui y a imprimée Schuman, ces alternances troublantes d’hallucination et d’emportement. C’est comme si il atteignait la simplicité par les chemins de la sincérité. Le résultat est saisissant, on oublie, un temps, Horowitz, Richter, Argerich, on se demande si Schumann ne joue pas, lui-même.

« SCHUMANN RÉVÉLÉ » - Mag-Musique

C’est l’intelligence musicale et la maturité pianistique de Jean-Philippe Collard qui s’expriment dans ce magistral enregistrement de la Fantaisie op.17 et des Kreisleriana op.16 de Schumann. Tout Schumann est là, dans le cri amour et la plainte déchirante qu’il adresse à Clara et que transpose de manière stupéfiante la Fantaisie, ainsi que dans le jeu des élans indomptés sursauts farouches, rêveries lunaires et humeurs contradictoires des Kreisleriana.
Si ces deux œuvres “présentent chacune à leur manière, une invitation à pénétrer les territoires les plus secrets du génie schumannien”, leur interprétation nous révèle les qualités exceptionnelles de l’art du pianiste français.

« UN ENREGISTREMENT MAJEUR » - L'Homme de Luxe

Jean-Philippe Collard fait partie d’une génération de pianistes made in France qui s’est illustrée sur la scène internationale depuis des lustres. Ardent défenseur de la musique française à ses débuts, celle des Debussy, Ravel et autres Fauré, son insatiable curiosité artistique lui a permis de se constituer un vaste répertoire. Témoin ce CD consacré à Schumann, chantre du romantisme par excellence.
Son phrasé fait merveille dans la Fantaisie. Des Kreisleriana, il tire l’essence de la poésie et de la distinction.

« LES ÉTENDARDS DU ROMANTISME PIANISTIQUE » - Diapason

Jean-Philippe Collard approche la Fantaisie avec pudeur et assume quelques maniérismes. Dans les Kreisleriana, il procède par gestes, par gerbes successives et habite chaque mesure.

« AU FAÎTE » - L'Est Républicain

C’est un de ses tout grands disques qui signe là le pianiste champenois Jean-Philippe Collard, au sommet dans Schumann dont il interprète la Fantaisie et les Kreisleriana.
Les affres du grand Robert, déchiré et déchirant, ont l’élégance – en noir et blanc – des troncs calcinés qui, dans la douce nuit, s’élancent encore après le foudroiement.

« UNE ÉBLOUISSANTE LIGNE CLAIRE » - L'éducation musicale

Le pianiste français était à l’affiche de la Salle Gaveau pour un récital Schumann et Chopin, à l’occasion de la sortie d’une disque consacré au compositeur allemand. Une interprétation profonde, passionnée et d’une éblouissante clarté.
Tendre et enlevée, l’Arabesque opus 18 s’élève sous le toucher clair et perlé de Jean-Philippe Collard. Le pianiste mène son propos avec légèreté, depuis le rythme pointé initial, badin et entêtant, jusqu’à la conclusion, poétique et méditative… un avant-propos idéal à la mythique Fantaisie opus 17, qui suit. Jean-Philippe Collard possède l’œuvre du bout des doigts : admirable, son implication dépasse de loin le plan de la pure maîtrise digitale.

La polyphonie est toute entière au service d’une narration poignante – on sait que le jeune Schumann a composé ce monumental cri d’amour alors qu’il était séparé de Clara –, qui ne cède cependant jamais à un alanguissement facile et de mauvais goût. Le premier mouvement est charnel à souhait, tempétueux, soutenu par des basses larges et précises. Puis, le pianiste affronte à pleines mains l’exigeante polyphonie du deuxième mouvement, réminiscence des austères chorals de Bach, à la sauce romantique : toute de projection sonore parfaitement contrôlée, cette parenthèse triomphale s’achève sur la vertigineuse et redoutable série de rebonds sur le clavier. Quel panache ! Jean-Philippe Collard peut s’emparer du dernier mouvement, réminiscence de la mélancolie clair-obscur de la Sonate au clair de lune de Beethoven. Les harmonies et l’usage de la pédale sont quasi impressionnistes, l’art des nuances et des coloris est porté à son paroxysme. La sérénité après la tempête de l’exaltation amoureuse ?

Musicien complet, il continue de subjuguer dans Chopin : la célébrissime Sonate funèbre, le doux Nocturne n°1 opus 48 et une Quatrième Ballade rêveuse, au parfum d’improvisation. Le clavier est ample mais délicat, orné par un rubato exquis et d’une infinie poésie. Acclamé par le public, il offre, en bis, une hypnotique Mazurka.

« SPLENDEURS DU ROMANTISME » - Altamusica.com

Dans une salle Gaveau archicomble, Jean-Philippe Collard, avec un programme purement romantique, a rappelé la place prépondérante qu’il occupe parmi les plus grands virtuoses actuels. Rapport exceptionnel avec l’instrument, vision vaste et généreuse du langage pianistique opulent de Schumann comme de Chopin, un ardent moment de bonheur pour nous.

Il a toujours eu un dialogue instinctif et direct avec ces grands pianos de concert et leur littérature si vaste. Il en tire des sons tour à tour opulents, riches, orchestraux ou d’une sensibilité à fleur de peau, d’un lyrisme et d’un dessin d’une pureté bouleversante. On comprendra aisément que tout cela permet à des pages du plus absolu romantisme comme la Fantaisie op. 17 de Schumann ou Sonate Funèbre de Chopin, de vibrer sur toute l’étendue des sentiments, humeurs, élans, colères ou apaisements qui les structurent et s’y opposent souvent.
Après une Arabesque de Schumann fluide comme un rêve de poète avec sa nostalgie, ses teintes d’angoisses et ses harmonies subtiles, c’est la plongée dans les tumultes de la Fantaisie, univers contrasté, passant des plus ardents bouillonnements à une intériorité quasi pudique, avec ce thème central d’une nostalgie qui déchire l’âme. Du grand piano orchestral, puissant, avec ses cascades d’accords, ses traits incandescents, entrecoupé de retours à la simple mélodie.
Les sonorités trouvées par Collard sont fabuleuses de puissance quand il le faut, mais sans jamais rappeler que l’instrument frappe sur des cordes. On songe plutôt à la masse d’un orchestre et puis les doigts passent des traits vertigineux au simple phrasé épuré d’une phrase de mélodie, avec la même aisance, le même naturel. Ces pages son certes chargées de tout le contexte psychologique et de toute la culture du compositeur, mais c’est la synthèse sonore par laquelle il a voulu parler à notre sensibilité qui triomphe ici.

La Sonate Funèbre de Chopin relève elle aussi de cet univers typiquement romantique où la terreur de la mort n’a d’égale que l’angoisse de la vie, où l’on poursuit des ombres inquiétantes qui s’enfuient et vous échappent, où l’on trouve quand même quelques moments aptes au rêve qui s’évade en mélodie quasi bellinienne. La violence du désespoir, l’amertume ne sont jamais bien loin et Collard, avec des sonorités habiles, soyeuses ou plus menaçantes, un phrasé totalement intelligent et dessiné avec grand art, rend irrésistible ce voyage au fond des âmes.

L’apaisant Nocturne en ut mineur op. 48 n° 1 et la Quatrième Ballade apporte un complément d’émotions contrastées dans cet univers où la fureur n’est jamais seulement faite de bruit, s’oppose au songe teinté de paix et rayonne d’une richesse sonore que seul le piano à ce très haut niveau peut servir sans la trahir. Un CD La Doce Volta, consacré à la Fantaisie et aux Kreisleriana, permettra à ceux qui n’ont pu assister à ce concert de retrouver au moins le monde de Schumann traduit avec toute cette vérité et cette inspiration.

« EXCEPTIONNEL ! » - Concertonet.com

L’album de Jean-Philippe Collard (né en 1948) marque les esprits. Un poète du clavier est à l’œuvre dans la Fantaisie en ut majeur (1838). Le temps suspend son vol sur un premier mouvement en apesanteur, tout entier enveloppé d’une douceur chaleureuse. Sans violence ni ennui, le toucher est d’une fluidité qui se fait caresse sur l’ivoire du clavier. Dans le deuxième mouvement, la profondeur de frappe et l’opulence des accords ne bousculent pas davantage le propos, même si la chaleur de la prosodie peut par moments paraître suffocante. Tout respire la liberté. Le dernier mouvement va à l’essentiel, sans s’attarder ni oublier de chanter. Le même rythme balançant que dans le premier mouvement crée l’unité et force la concentration. Le sentiment d’une mélodie sans fin apparaît très vite, alors que l’émotion naît de l’évidence d’un propos rempli de certitudes et de hauteur de vue.
Le kaléidoscope de Kreisleriana (1838) est un arc-en-ciel de musicalité, à la rythmique épatante et aux couleurs multiples. Jean-Philippe Collard a le don de faire changer les atmosphères, comme dans la succession de tempêtes et d’accalmies qui emporte tout dans le Sehr innig und nicht zu rasch – sans jamais détruire l’unité du discours – ou encore dans la fraîcheur du Sehr lebhaft. On peut rechercher une douleur plus ostentatoire au cœur du Sehr aufgeregt, mais on ne résiste pas à l’émotion intense et sincère de son emballement. Il n’est pas interdit de penser que le premier Sehr langsam doit s’appuyer sur davantage de lenteur et d’emphase, et le second sur moins de ralentis, mais on résiste difficilement à la justesse du lyrisme. A un Sehr rasch tendu et électrique succède un Schnell und spielend qui se détend avec la dextérité d’une mante religieuse et qui tisse une toile riche en couleur, en épaisseur, en émotion.

« LE GÉNIE DE SCHUMANN EMPORTÉ PAR JEAN-PHILIPPE COLLARD » - Crescendo

Du beau et grand Schumann ! C’est tout ce qu’il convient de dire à propos de ce petit bijou que nous offre le pianiste Jean-Philippe Collard que nous ne présentons plus. Le 14 mars 2014, Crescendo titrait : « L’âme de Chopin dévoilée par Jean-Philippe Collard ». Cette fois, non seulement l’âme de Schumann est dévoilée mais aussi et surtout son génie créatif à travers de deux chefs-d’œuvre incontestables dont la célèbre mais non moins redoutable Fantaisie. D’un bout à l’autre de ces deux pages colossales où se côtoient tendresse, douceur, agitation, amour, frustration (celle d’amours compliqués), empressement, exaltation…, tout y est passionnément intense. Jean-Philippe Collard donne à entendre un piano impitoyable, volontiers impétueux tout en se détachant du texte afin de développer un jeu proche de l’improvisation dans l’idée d’une création instantanée. Ce jeu très naturel offre non seulement un timbre mélodique d’exception mais aussi des graves généreux dans la parfaite lignée d’un accompagnement toujours dosé et subtil. Un incroyable calme semble se dégager ici de la pensée de l’artiste, offrant de fait un jeu d’une belle maîtrise par lequel transpire une pensée d’une grande sensibilité et d’une haute justesse. Un long cri d’amour transcendé par la beauté intrinsèque d’un toucher expressif et coloré.
Un disque en tout point magnifique comme le label La Dolce volta est habitué à nous présenter !

 

Jean-Philippe Collard appartient à cette catégorie d’artistes qui se déplacent dans l’espace comme ils jouent : les gestes mesurés effleurent les lumières jusqu’à ce qu’il s’installe devant l’instrument. Le pianiste est venu écouter ceux qui sont venus l’entendre. Sa proposition est celle d’un dialogue sans parole. Juste par le regard puis le son. Une infinité de sons.

Cette connivence si particulière dissimule tout le travail préparatoire d’avant-concert : l’oubli de la nervosité – que les après-midis sont longues avant l’entrée sur scène ! – la domination d’un corps impatient, la canalisation du courage, la maîtrise des ultimes instants avant le saut dans le vide, c’est selon. Il est nécessaire, dit-il, « d’être aspiré par la musique, être apaisé pour retrouver le chemin de la spontanéité et capter le public ». Transmettre et révéler la beauté de la musique dépasse la nature d’une passion : la démarche est de l’ordre de la nécessité vitale pour laquelle il faut se résoudre à partager ses propres émotions, sans désir de conquête en retour. Une offrande, immense, après des centaines de concerts et plus d’une soixantaine d’enregistrements.

« Il faut toucher au cœur et ne pas trop intellectualiser les œuvres labourées depuis des années » affirme aussi l’interprète. Elles composent une prodigieuse récolte, les fruits du romantisme, de Chopin et de Schumann, prolongée jusqu’à Rachmaninov et embellie de deux siècles de musique française.

Tous les mondes sonores de Jean-Philippe Collard sont imprégnés de couleurs, cette « sensation que produit sur l’organe de la vue, la lumière diversement réfléchie par les corps » propose le dictionnaire Littré avec une perception épicurienne inhabituelle dans un tel ouvrage et, pourtant, si familière chez un pianiste qui se dit, précisément, « affamé de couleurs ». Mais pas n’importe lesquelles. Gourmet des pigments, l’artiste sait ce qu’est la nuance en toute chose, lorsque les paysages sonores au tempérament mesuré résonnent dans l’irisation des arpèges et la caudalie des accords. Quand il se remémore son apprentissage auprès de Pierre Sancan, l’amitié de Vladimir Horowitz puis ses rencontres dans le monde entier aux côtés du gotha des chefs et des plus grands orchestres, Jean-Philippe Collard sait qu’il peut tout dire au public. Alors, il a rendu hommage aux dieux des couleurs, ses compositeurs.

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