Aucun produit dans le panier.

Geoffroy Couteau

© Jean-Baptiste Millot

Geoffroy Couteau

Au cœur de sa vie d’artiste, il y a Johannes Brahms auquel il a consacré sa plus grande aventure discographique, multirécompensée par la presse internationale. Une passion amoureuse née dans l’enfance, vers l’âge de treize ans, lorsqu’il découvre les klavierstücke de l’opus 118. « C’est grâce à Brahms que je peux me sentir musicien » nous dit Geoffroy Couteau sans pouvoir expliquer les raisons d’une telle fascination. Sa relation avec le compositeur allemand n’en est pas, pour autant, exclusive. Son répertoire s’étend jusqu’à la création et Jean-Sébastien Bach en constitue l’autre pilier, même si son œuvre l’a longtemps intimidé.

Sans doute ressent-il dans son corps ces mouvements de danses qui irriguent les compositions de Bach. Car le pianiste a toujours entretenu un lien physique avec la musique, hérité de ses années d’apprentissage de la gymnastique à haut niveau. « Le sport m’a aidé à traverser certaines étapes, à être à l’écoute de mon corps et de mes sensations. » explique-t-il.

Le piano est entré dans sa vie presque par hasard avant de devenir, à l’adolescence, une évidence. C’est auprès de Michel Béroff et de Denis Pascal qu’il se forme au Conservatoire national supérieur de musique de Paris, tout en profitant des master classes d’illustres maîtres. Une autre rencontre marque une étape déterminante de son parcours : celle de Nicholas Angelich avec lequel il se perfectionne. « Aujourd’hui encore, il n’y a presque pas un jour où je ne pense à lui » confie-t-il. Son apprentissage se fait aussi dans les salles de concerts, où le musicien se presse pour applaudir les plus grands interprètes, à l’instar de Nelson Freire dont un récital reste gravé dans sa mémoire : « J’ai réalisé ce soir-là à quel point le piano permettait d’accéder à ce qu’il y a de plus beau ! ». Des frissons qui le traversent de la même façon lorsqu’il écoute les Passions de Bach dont il avoue avoir autant besoin pour nourrir son inspiration.

S’il témoigne d’affinités particulières pour le répertoire romantique, Geoffroy Couteau est aussi un amoureux de Ravel et de Froberger ainsi qu’un interprète fétiche du compositeur Rodolphe Bruneau Boulmier dont il a enregistré toute l’œuvre pour piano. Le Quatuor Hermès, le clarinettiste Nicolas Baldeyrou, le violoniste Amaury Coeytaux comme le violoncelliste Raphaël Perraud comptent parmi ses fidèles partenaires. « En jouant à leurs côtés j’ai tant appris sur le son, l’expression, le rubato et tout ce qu’on peut investir dans une œuvre, sans savoir même le verbaliser ! » souligne ce passionné de musique de chambre qui est aussi membre du Trio Arcadis.

Sa carrière le mène sur les plus grandes scènes internationales et aux côtés de prestigieuses phalanges. Ce qui ne l’empêche pas de s’investir dans l’enseignement à l’École Normale de Musique de Paris – Alfred Cortot Passionné de quatuor à cordes, le pianiste assure, par ailleurs, la direction artistique du Festival de Quatuors du Luberon. Sa soif de découvertes et d’expériences artistiques le conduit à collaborer avec des comédiens ou à faire entrer la musique en résonance avec l’art visuel. Et il rêve aujourd’hui de s’associer au monde du parfum dans le cadre d’un concert olfactif.  Car chez lui, tout est de l’ordre du ressenti plus que du narratif. Rien ne le touche d’avantage que « lorsque les émotions musicales vont se loger dans l’inexplicable ».