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14 CATALUÑA LLIVIA... PRÉSENCE LOINTAINE Ces compositeurs ont en commun un attachement très fort au terroir. Debussy évoquait même l’odeur de la musique de Déodat de Séverac. De quelles façons cela se traduit-il dans leurs écritures ? Tout est dans la référence au folklore que chacun exploite et intègre dans son propre langage. Chez Mompou, il peut être de l’ordre de l’imaginaire, dans la mesure où certaines des Canción y Danza sont basées sur des thèmes originaux. Mais le compositeur emprunte également au patrimoine catalan, comme avec la dernière pièce du cycle qui s’inspire d’une comptine traditionnelle. Déodat de Séverac est lui d’avantage dans l’invention. Il parvient à se détacher des sources populaires en déployant sa propre imagination poétique. Quant à la musique d’Albéniz, elle est imprégnée de thèmes folkloriques qui, souvent, se retrouvent submergés dans un tourbillon de notes. Et si ces compositions nous paraissent si authentiques c’est aussi parce qu’elles nous font entendre des sonorités de la vie. Mompou comme Séverac, qui avait fui Paris et ses mondanités, ont su capturer des moments du quotidien. Ils nous parlent ici de paysans, décrivent des gestes simples comme des jeux d’enfants, des souvenirs de fêtes de village ou les parfums de la nature.

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