Une autre particularité de vos programmes pourrait être la notion de narration, tant ils s’apparentent à des récits. Avez-vous l’âme d’un conteur ? C’est, en tout cas, une réflexion qui m’habite depuis que j’ai quitté le conservatoire et entamé une carrière de concertiste. Comment construire un programme ? Fautil rester dans un même univers, respecter la chronologie ou créer des contrastes stylistiques ? J’ai trouvé la réponse dans l’étymologie du mot récital qui renvoie à la notion de récit, donc à une dimension narrative. Je recherche ainsi à relier les œuvres par un fil conducteur sans avoir forcément une histoire concrète à raconter. Et si aujourd’hui la tendance, avec le téléchargement, est à une écoute fractionnée des albums, je les conçois toujours avec l’idée qu’ils seront aussi appréciés dans leur continuité. J’aime imaginer un auditeur qui prendrait son temps pour les savourer, assis dans un fauteuil avec, à la main, un verre de cognac ou un bon vieux rhum. WILHEM LATCHOUMIA 11
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