LDV42

GARY HOFFMAN | ORCHESTRE PHILHARMONIQUE ROYAL DE LIÈGE | CHRISTIANARMING 9 Peine perdue, la première fut une catastrophe, le chefAlbert Coates ayant accaparé le temps de répétition de l’orchestre, laissant à Elgar à peine plus que la possibilité d’une lecture avec le soliste, Felix Salmond. Le public fut désarçonné par le début de l’œuvre commencé par un solo du violoncelle, mais aussi par le ton nostalgique, les phrasés douloureux du Moderato , le jeu luthé du Lento (où semble s’évoquer l’art d’un Tobias Hume) et la fantaisie de l’ Allegro molto , les espaces à la limite du silence qui parcourent l’ Adagio et l’intensité tempétueuse du finale. L’œuvre disparut des affiches de concert et resta méconnue malgré l’enregistrement qu’Elgar en réalisa avec Beatrice Harrison en mars 1928. Finalement ce fut Pablo Casals qui lui donna une seconde vie en la gravant à Londres sous la direction d’Adrian Boult en 1945. Ce concerto où la nostalgie l’emporte sur le pathétique, semble refermer l’âge d’or des grands concertos romantiques écrits pour le violoncelle alors même que sa structure mélodique et thématique le rapproche d’une rhapsodie ; sa poétique intense aura rappelé avec raison à certains commentateurs les ultimes opus pour piano de Brahms. Le 7 avril 1920, Alice s’éteignait. Et si le Concerto était son ultime portrait par son mari, après celui qui ouvrait les Variations Enigma ?

RkJQdWJsaXNoZXIy NjI2ODEz