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GARY HOFFMAN | ORCHESTRE PHILHARMONIQUE ROYAL DE LIÈGE | CHRISTIANARMING 13 Un peu moins de trois ans séparent le Schelomo de Bloch du Concerto d’Elgar. Même si la guerre les a marqués, ils appartiennent à des univers musicaux plutôt éloignés. Le Concerto d’Elgar est très particulier : le quatrièmemouvement occupe quasiment lamoitié de l’œuvre. Pourtant, si on le compare aux grands concertos romantiques il n’est en apparence pas si différent que cela du Concerto de Dvořák, mais en fait si : le style, le langage musical, le message. Et le style narratif et parabolique du Schelomo n’a évidemment rien à voir avec cela. Pourtant je n’ai éprouvé aucune difficulté en passant de l’un à l’autre. Ce qui est plus complexe, par rapport à l’enregistrement, c’est l’écriture avec l’orchestre qui est totalement opposée dans les deux œuvres. Schelomo est quasiment un poème symphonique avec une grande partie d’orchestre qui assure la puissance sonore, alors que le violoncelle se déploie dans des récitatifs qui sont en fait de grandes cadences. Souvent le violoncelle mène le crescendo accelerando puis l’orchestre en quelque sorte s’en empare ; dès lors, il est inutile d’écrire quoi que ce soit pour le violoncelle. Bloch le savait bien et il laisse les tsunamis sonores à la seule phalange symphonique, cela crée une dramaturgie particulière, restée unique. Et le violoncelle vers la fin de l’œuvre atteint à une poésie sombre, tout passe dans l’expression intime de l’archet.
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