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12 BLOCH | ELGAR Et vous avez travaillé Schelomo avec Starker ? Il en a enregistré une version magnifique avec Zubin Mehta… Un petit peu, oui, mais je connaissais déjà l’œuvre. J’ai surtout travaillé le Concerto d’Elgar avec lui, c’était passionnant car il avait rencontré John Barbirolli à Londres. Starker était tout jeune homme, et avant d’être le grand chef d’orchestre qu’il est devenu, Barbirolli avait été violoncelliste. Starker ne comprenait pas totalement cette partition étrange, il lui a joué le Concerto et Barbirolli lui a indiqué toutes les nuances psychologiques, les accents expressifs qui forment le langage relativement secret de cetteœuvre. Il m’a communiqué ce lien direct, cela donne une autre vision de l’œuvre. Je ne sais pas s’il connaissait Bloch, mais pour ma part j’ai rencontré à plusieurs reprises la fille de Bloch, elle est venue m’entendre lorsque j’ai joué les Scènes de la vie juive . Le fait de la connaître a eu un effet positif, j’avais l’impression d’être en quelque sorte dans une communion d’esprit avec Bloch. La proximité humaine est très importante, elle est une clé pour trouver les chemins d’uneœuvre. Le jeu du violoncelle dans Schelomo est singulier : ce style récitatif semble assez unique. On le trouve aussi, en moins prononcé, dans les Scènes de la vie juive . Je les ai jouées très jeune et puisque je suis juif cette musique était en quelque sorte dans l’air ambiant. Avec les années j’ai acquis le sentiment d’être en quelque sorte chez moi dans cesmusiques et donc je n’ai pas été surpris par Schelomo , même si l’œuvre pose bien plus de questions quant à la technique. Il faut prendre en compte l’importance de l’orchestre, la fusion des timbres, comment tout cela fonctionne, comment on parvient à faire sonner l’instrument face à une telle abondance orchestrale.
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