LDV153.7
33 ANDRÉ ISOIR Quand vous dites que vous n’avez pas appris le solfège : vous aviez tout de même étudié l’écriture ? Non, très peu. A l’Ecole César Franck, j’en avais fait pendant un an : j’étais allé jusqu’aux septièmes de dominante… Plus tard, j’ai été à nouveau obligé de travailler sérieusement la question quand je me suis présenté pour l’examen de professeur d’orgue et écriture au Conservatoire d’Angers. Durant plusieurs mois, j’ai fait de l’harmonie à m’en casser la tête. Le plus difficile étant d’écrire sans le secours du clavier. Quand on pense à des gens comme Bach qui, sans le secours du clavier, étaient sûrs à cent pour cent de ce qu’ils écrivaient, on se sent bien peu de chose… La solitude de l’organiste ne vous-a-t-elle jamais pesé ? Absolument pas. Je m’en accommodais parfaitement. Il y a certains lieux privilégiés : je pense notamment à la Cathédrale de Strasbourg, où l’orgue est placé très haut et où l’organiste apprécie cette solitude. Mais, bien que très loin de l’auditoire, on sent parfaitement quand celui-ci est attentif ou non. C’est flagrant dans le cas de publics « trompette et orgue », où les pièces d’orgue seul sont là pour reposer le trompettiste : le public est nettement moins attentif alors, et ça ce sent.
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