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31 ANDRÉ ISOIR Comment êtes-vous venu à la musique ? J’y suis venu assez tard : avant l’âge de quinze ans, la musique sans paroles me laissant parfaitement froid, je ne comprenais pas que l’on puisse s’y intéresser. Je jouais alors de la trompette dans l’harmonie de ma ville natale à Saint-Dizier, ce qui m’a permis aumoins de connaître la clé de sol …Par la suite, mon père, qui dirigeait la chorale, s’est fait prêter par le curé de laparoisse unpetit harmonium pour pouvoir faire répéter ses choristes. C’est là-dessus que j’ai appris, seul, la clé de fa , et tout est parti de là. Pas de piano ? Non, juste ce petit harmonium, du moins au début. Je n’ai donc jamais suivi de cours de solfège et je m’en suis fort bien passé. Il est vrai que j’ai pratiqué le piano assez sérieusement par la suite, mais ce n’était pas vraiment mon instrument. A l’orgue, les quatre octaves ne favorisent pas les déplacements qui sont la base de la technique pianistique. Les deux techniques, bien que très différentes, se complètent très bien. Mais on peut arriver à jouer parfaitement de l’orgue sans jamais avoir abordé le piano. Vous dîtes « ne pas aimer la musique sans paroles ». Qu’écoutiez-vous ? Des chansons. France Musique et Radio Classique n’existaient pas à l’époque et c’était Radio Luxembourg à jet continu. Et puis, c’est la découverte d’une émission de Jean Witold : « Cantates à Saint Thomas ». J’étais littéralement cloué devant le poste et j’écoutais cette musique sublime… En fait, c’est la première fois que j’ai entendu de la musique de Bach et j’ai été subjugué.

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