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QUATUOR HERMÈS 9 Il est vrai que ce quatuor de Mozart est l’un de plus dramatiques de son corpus. Dès ses premières mesures, il nous plonge dans un univers assez angoissant et sa tonalité de Ré mineur évoquerait un destin funeste. Dans quel état d’esprit abordez-vous cette partition ? C’est le seul, du cycle des Six quatuors dédiés à Haydn, écrit en mode mineur. Le compositeur semble ici soulever une partie de son masque et afficher son malaise. Cette anxiété ne nous quitte quasiment pas tout au long de la partition. Même si le second mouvement, adoptant la tonalité de Fa majeur, fait entrevoir une certaine lumière, l’angoisse est toujours perceptible. Cet Andante n’apaise pas complètement. Son discours est répétitif et donne l’impression d’être dans le questionnement. Car chez Mozart, la sensation de réconfort est souvent instable, fragile. Peut-être a-t-il, dans ce quatuor, retranscrit sa propre perception d’une expérience humaine. La légende raconte, en effet, qu’il l’aurait composé tandis que sa femme accouchait de leur premier enfant. Nous avons ainsi abordé ce mouvement avec une forme de douceur maternelle afin de traduire cette tendresse teintée d’inquiétude qui le traverse. L’œuvre n’en est pas, pour autant, complètement pessimiste. Les dernières mesures de son final, assez dansant, nous conduisent vers un lumineux Ré majeur.

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