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QUATUOR HERMÈS 13 C’est aussi la fin d’une époque qu’évoque Korngold dans son second quatuor composé juste avant son exil vers les Etats-Unis. Qu’est-ce qui caractérise son langage ? L’un des aspects les plus fascinants de la musique de Korngold est sa capacité à susciter des images. Une force descriptive qu’il exploita très jeune dans le monde de l’opéra, à l’instar de Mozart, auquel il fut souvent comparé en raison de ses talents précoces. C’est ensuite vers le cinéma qu’il mettra cet art à profit, lui qui fera une immense carrière à Hollywood. Notre rencontre avec ce compositeur s’était faite autour de son Quintette avec piano dont l’Adagio est un bouleversant chant d’adieu dans lequel il parvient à nous faire percevoir un espace sonore d’une profondeur saisissante. Nous avons retrouvé ces mêmes sensations dans le mouvement lent de son second quatuor. Cela tient aux intervalles comme aux textures particulières auxquels il a recours. Sa combinaison d’harmoniques et de graves profonds donne, par exemple, une remarquable ampleur au début de ce Larghetto. On se laisse, en outre, emporter par la force narrative de cette œuvre qui, dans son premier mouvement, semble faire surgir les différents protagonistes d’une épopée. Korngold sait admirablement manier la palette de couleurs pour créer des atmosphères et donner une dimension déjà cinématographique à sa musique. On ne s’étonne donc pas de la suite américaine de son parcours.

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