LDV134

12 ECHOES OF VIENNA Vous évoquez la théâtralité de la musique instrumentale de Mozart. Qu’en est-il de celle de Webern ? Son Langsamer Satz met en scène un couple d’amoureux et possède une trame poétique. L’écriture de Webern peut se rapprocher de celle de Mozart du fait de sa vocalité et de son processus d’identification aux personnages. Mais son langage est bien différent. Dans cette œuvre qu’il a composée très tôt, en 1905, il pousse extrêmement loin l’expression romantique. Attention cependant à ne pas sombrer dans les débordements affectifs, car y a une grande pudeur qui se dégage de cette musique. Son traitement narratif est ainsi plus intime que celui de Mozart. Ici, nous ne sommes pas à l’opéra mais dans le ton de la confidence. Un homme nous raconte sa promenade avec sa bien-aimée. Et cet amour naissant a une saveur particulière. Celle d’une époque qui touche à sa fin décrite par un jeune compositeur s’apprêtant à renoncer à la tonalité pour basculer dans le dodécaphonisme. On entend encore les souvenirs de Brahms et de Mahler.

RkJQdWJsaXNoZXIy OTAwOTQx