QUATUOR HERMÈS 11 C’est votre premier Mozart au disque. Aviez-vous besoin de ces années de maturation pour vous sentir prêts à enregistrer sa musique qui semble pourtant si spontanée ? C’est l’éternel débat ! On se dit parfois que l’on n’a jamais mieux joué Mozart que lorsqu’on avait dix ans… Mais à cet âge, on n’avait pas encore percé sa face cachée. Avec le temps et la maturité, on est bien plus à même de comprendre ses intentions dans la mesure où ses partitions sont moins évidentes, au premier abord, qu’un quatuor de Haydn par exemple. Pour faire jaillir la spontanéité mozartienne, il faut passer par l’intellect, analyser les moindres phrases, n’oublier aucun détail… chaque note a son importance. À cela s’ajoute la recherche d’une fluidité dans le discours donnant l’impression qu’il jaillit de notre cœur et ne s’interrompt jamais, comme un flux continu. Un art dans lequel Alfred Brendel excellait ! Ces années d’attente et de réflexion nous ont, par ailleurs, permit de développer notre imagination et de donner plus de profondeur à chacun des personnages qui constituent l’univers de ce quatuor.
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