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  • 25 avril 2017

Au piano comme au pianoforte, Vanessa Wagner fascine.

La pianiste Vanessa Wagner confronte Mozart à Clementi, son contemporain, sur pianoforte et clavier dernier cri.
Wolfgang Amadeus Mozart (1756-1791) et Muzio Clementi (1752-1832). De ces contemporains inégalement traités par la postérité, la pianiste Vanessa Wagner orchestre la rencontre à travers quatre pièces bien choisies. Les mérites du premier n’y perdent rien, le second en sort grandi. A cette discrète et convaincante réhabilitation, Vanessa Wagner ajoute une dimension expérimentale, en interprétant chaque compositeur sur un pianoforte Brodmann de 1814, qui vient du musée de la Musique à Paris, et un très moderne piano de concert Yamaha CFX. Soit une calèche et une Rolls-Royce, que l’on emprunte tour à tour pour un passionnant voyage temporel et sonore. Jouée au pianoforte, dont les touches renvoient un son légèrement feutré, la Fantaisie en ré mineurrévèle une émouvante fragilité ; c’est Mozart aux chandelles. Dans la Sonate en si bémol majeur, on rallume les lumières électriques, et les doigts de la pianiste volent comme des papillons. Même décalage chez Clementi, dans l’autre sens : l’exubérante Sonate en fa majeur et ses vertigineux à-pics s’accommode sans effort de la moindre réverbération du pianoforte, tandis que la Sonate en sol mineur « Didon abandonnée (scène tragique) », moins spectaculaire, déploie sur piano moderne des effusions dignes d’un petit opéra.
(Télérama, 19 avril 2017)

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